Revenir à la maison

Liberté, homme, freedom

C’est à l’unisson de l’orgue et du hautbois, de l’œuvre de Josef-Gabriel Rheinberger andante pastorale pour hautbois et orgue que nous nous accueillons aujourd’hui. Soyez les bienvenu·e·s.

👋 Accueil

« Le Seigneur est bienveillant et compatissant, patient et d’une immense bonté »

C’est avec ces mots que je vous accueille comme un portique d’entrée, dans cette bienveillance qui nous est donnée, cette compassion qui pardonne, cette patience qui espère et cette bonté qui nous relie les uns aux autres.

Oui, en ce 4e dimanche de Carême, il est bon d’avoir parfois sur notre chemin, des rappels que si la marche est longue, les passages difficiles, il y a un soutien qui nous est offert, mais aussi un retour possible vers le Père de toute vie.

🕯 Prière d’ouverture

Seigneur,

Nous ne pouvons venir à toi que si tu viens à nous, nous ne pouvons nous tourner vers toi, que si déjà tu nous attends et nous précèdes pour nous accueillir tels que nous sommes.

Merci d’être là, avant toute chose, comme Celui qui espère être trouvé, car c’est toi qui nous appelles, c’est toi qui nous pries de venir à toi, avec simplicité et cœur.

Tu nous donnes le temps pour recevoir à nouveau la force qui relève, la sève qui circule, la lumière qui nous éclaire, l’amour qui nous comble.

Nous voici Seigneur, pour te confier ces instants au souffle de ton Esprit, et par toute notre vie en Jésus-Christ, Amen

 

« Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais »

 

Revenir sur ses pas. Retrouver ces racines, remettre au centre comme une :

🙂 Prière de retour

Seigneur,

Il n’est pas facile de renoncer pour s’ouvrir

De dire non pour mieux accueillir

De faire de la place pour te servir

Sur notre chemin de Carême, apprends-nous à choisir

Pour mieux t’appartenir

Seigneur,

Il n’est pas facile de se tourner vers la nouveauté

plutôt que de retourner vers le passé

D’aller vers demain plutôt qu’hier

Et de vivre chaque instant comme un présent

Sur notre chemin de Carême, apprends-nous à aimer

la vie avec ses ombres et ses beautés

Seigneur,

Il n’est pas facile de se protéger de tout ce qui vient nous agresser

De résister à ce qui vient nous détourner,

de lutter contre tout ce qui vient nous attrister

Sur notre chemin de Carême, apprends-nous

à mieux nous enraciner dans ta Parole, pour avancer avec courage et volonté, Amen

 

Jeune Fille, À Pied, Ours En Peluche, Enfant, Marche
Tout quitter, tout abandonner… Sauf l’essentiel !

📖 Evangile de Luc 15, 11-24

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : « Mon père, donne-moi la part de notre fortune qui doit me revenir. » Alors le père partagea ses biens entre ses deux fils. Peu de jours après, le plus jeune fils vendit sa part de la propriété et partit avec son argent pour un pays éloigné. Là, il vécut dans le désordre et dissipa ainsi tout ce qu’il possédait. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer du nécessaire. Il alla donc se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se nourrir des fruits du caroubier que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. Alors, il se mit à réfléchir sur sa situation et se dit : « Tous les ouvriers de mon père ont plus à manger qu’il ne leur en faut, tandis que moi, ici, je meurs de faim ! Je veux repartir chez mon père et je lui dirai : mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils. Traite-moi donc comme l’un de tes ouvriers ». Et il repartit chez son père.

Tandis qu’il était encore assez loin de la maison, son père le vit et en eût profondément pitié : il courut à sa rencontre, le serra contre lui et l’embrassa. Le fils lui dit alors : « Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils »

Mais le père dit à ses serviteurs : « Dépêchez-vous d’apporter la plus belle tunique et mettez-la-lui ; passez-lui un anneau à son doigt et des sandales à ses pieds. Amenez le veau gras que nous avons engraissé et tuez-le ; nous allons faire un festin et nous réjouir, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et je l’ai retrouvé. » Et ils commencèrent à faire la fête.

Silhouette, Père Et Fils
Un père, un fils…

💬 Message

 

 

Quel bonheur que de revenir chez soi à la maison après être allé « prendre l’air », surtout s’il était froid. Aussitôt franchi la porte, une douce chaleur vous envahit. Le familier se rappelle à vous : voici ce que nous avons laissé, l’espace de quelques instants : un journal ouvert, peut-être un bouquet de fleurs dans un vase qui nous sourit… Nous reprenons souffle. Nous respirons une nouvelle quiétude. Oui, il est bon se retrouver à la maison.

Enfant, cela évoquait pour moi un sentiment de protection et de sécurité. Un cocon familial où il faisait bon se retrouver. Chacun avec ses habitudes, ses espaces, ses activités.

Ne parle-t-on pas d’une maison comme d’un foyer ? C’est bien pour dire ce qui nous réchauffe dans une intimité.

Nous sommes tous attachés à des lieux, mais également à des souvenirs. Maisons d’autrefois qui nous ont marqués, églises ou temples qui nous ont accueillis, baptisés ou confirmés. Certains Neuvevillois ont besoin de voir la « Tour rouge », celle qui sonne les heures, comme un repère à leur quotidien.

On passe sous la Tour Rouge.

Nous avons tous nos racines, lointaines ou proches qui évoquent ce sentiment fort d’appartenance. Si notre vie était une maison, quelle en serait l’apparence ? Comment la verrions-nous ? Quelle forme prendrait-elle pour les autres ?

Le fils cadet de la parabole éprouve un jour le besoin de quitter la maison de son père. Pour devenir, il faut parfois quitter. Se séparer. Besoin de faire ses propres expériences, avec peut-être le sentiment « d’étouffer » chez lui, à vivre avec un frère aîné qui semble être le fils modèle. Et que dire de ce père pas forcément parfait. Idéaux de l’adolescence rebelle ? On ne sait pas quelles sont les raisons profondes qui le poussent à tout quitter, sauf un immense besoin de liberté, mais aussi de s’éloigner. De prendre de la distance.

Seulement, lorsque les ressources ont tari. Quand ce fils se retrouve sans toit parmi les cochons, le voilà qui se souvient… Il se souvient du pain et de la satiété. Il lui revient peut-être au ventre ce sentiment d’être comblé. En paix. Comme le sont les ouvriers de son père. Il lui revient peut-être le souvenir de ce qu’est une maison où l’on peut entrer. Mais plus que tout, il se souvient d’une présence. Une présence qui est là. Comme un re-père. Comme un roc à qui il dira les mots préparés dans sa tête.

Alors il se lève et va, nous dit la parabole « vers son père ». Son père qui représente tout de la maison. Peut-être les fondations, solides. Peut-être une sécurité, mais aussi une autorité : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils… ». Quelle image se fait-il de lui ?

Ce qui est bouleversant dans ce retour, c’est que le père voit son fils alors qu’il est encore loin. Il laisse exprimer sa joie et sa spontanéité : il sort de chez lui et court, l’embrasse plein d’émotions. Mais bien plus il coupe la parole à son fils, pour qu’on le revête de la plus belle robe, qu’on mette un anneau à son doigt, des sandales à ses pieds et qu’on tue le veau gras. Ce mi-chemin parcouru par l’un et l’autre est magnifique. Le père ne se contente pas d’ouvrir sa porte. Il va chercher pour faire entrer. Non pas le repenti ou le pauvre, mais bien le fils retrouvé. Il offre :

  • un baiser pour dire qu’il n’est pas impur ou intouchable. Et lui fait part de sa tendresse.
  • la plus belle tunique pour le revêtir de pardon et de dignité.
  • un anneau à son doigt pour dire qu’il est toujours son fils, qu’il fait partie de la maison, et partager ainsi une même responsabilité.
  • des sandales aux pieds pour dire qu’il n’est pas un esclave en mettant une chaîne à ses pieds pour qu’il ne parte plus, mais qu’il est et qu’il reste un homme libre, libre d’aller, libre de marcher… l’amour du Père n’enferme pas…
  • un veau gras: signe de la fête, signe de la joie.

Ne sommes-nous pas toujours tous et toutes en marche vers le Père, qui nous devance, nous accueille en courant à notre rencontre ?

La vie n’est-elle pas ce long chemin vers cette maison où nous trouverons ce qui nous a manqué : un amour offert sans condition. Bien plus que du pain : la joie qui déborde et qui aimerait se partager généreusement.

 

Le Feu, Refroidissement Éolien
Un foyer, une maison, un cocon

 

🙏🏼 Prions ensemble

Seigneur,

Tu es un Père qui nous laisse la liberté d’être ce que nous sommes, et même de nous perdre, mais toujours, tu espères notre retour. Ton amour nous attend et nous accueille avec générosité. Il ne cesse de venir à notre rencontre pour nous bousculer et nous étonner. Merci Seigneur de cette découverte !

Mais pardon aussi pour toutes les fois où, comme le fils cadet, nous fuyons ta présence, jusqu’à nous éloigner de toi. Pardon pour tout ce qui ne se vit pas dans ton amour. Pardon pour le temps perdu et tout ce que nous cherchons vainement.

Donne-nous de savoir revenir avec un cœur ouvert et attentif, en acceptant le regard bienveillant que tu poses sur nous. Nous te demandons Seigneur, de nous apprendre la vraie liberté. Non pas celle qui quitte, mais celle qui reste en lien. Nous te prions aujourd’hui pour ceux qui sont à la recherche de relations à retrouver ou à créer, à réconcilier ou à tisser. Guide chacun dans cet avenir à inventer.

Quand nous nous dispersons au dehors, donne-nous de faire halte au dedans pour te découvrir à nouveau comme le Dieu présent dans la paix et le recueillement.

Nous te prions pour ceux qui ont perdu une part de leur liberté, les prisonniers, les malades, les personnes souffrant d’une dépendance : accompagne-les, afin qu’ils puissent retrouver un sens et une espérance, une santé et une alliance. Nous pensons enfin à toutes les familles, pour que tu les encourages à grandir dans l’attention et la patience, le respect et l’amour des uns et des autres.

Seigneur, tu nous apprends à être tes enfants. C’est un privilège. C’est un magnifique appel. C’est une exigence. Que nous puissions toujours te reconnaître comme « Notre Père, qui es aux cieux.. » Amen

Chant Alléulia 31-32 : Ils ont marché au pas des siècles

« Ils ont marché au pas des siècles vers un pays de joie, ils ont marché vers la lumière pour habiter la joie. Écoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit. Écoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur ta route, il marche près de toi ».

 

🤲 Bénédiction

Que Dieu vienne à votre rencontre, pour vous donner de goûter à la joie d’être en sa présence qui est comme une maison qui nous accueille comme une alliance en son Nom.

Qu’il vous bénisse et vous garde par son Esprit et en Jésus-Christ qui nous appelle de la mort à la vie toujours nouvelle dès aujourd’hui !

Jean-Emmanuel FILET hautbois: Pascal JEAN regina caeli tiré des 4 antiennes mariales de Jean-Emmanuel FILET.

 

Bon dimanche et belle semaine.

Demeurez dans mon amour

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Chaque année, fin janvier, a lieu la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Elle est préparée pour 2021 par la Communauté de Grandchamp en Suisse sur le thème « Demeurez dans mon amour » ( Jn 15,9).

Ces méditations reprennent et commentent verset par verset le texte de l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean, pour chaque jour, du 18 au 25 janvier 2021.

Les textes ont été élaborés à partir des documents officiels de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2021 proposés par le Conseil pontifical et le Conseil œcuménique des Églises.

Les citations « Taizé » sont tirées du livre du frère Roger : Les Écrits fondateurs, Dieu nous veut heureux, Taizé, Presses de Taizé, 2011.

Vous pouvez aussi télécharger le livret au format .pdf.

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Je sais bien

Je sais bien que je ne sais pas

Ou que je sais si peu de choses

Je sais que je ne comprends pas

Et que la vie est un mystère

Pourquoi l’amour pourquoi la mort

Qui a raison et qui a tort

Pourquoi le rythme des saisons

Et l’inconnu à l’horizon

Je me sens grand, je suis petit

Tout recommence et tout finit

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Prière à Dieu de Voltaire

« Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose,
à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ;
que ces erreurs ne fassent point nos calamités.

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