Culte à l’emporter – Vendredi 10 avril

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Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères en Christ,

Saluons-nous ce matin avec les paroles que l’apôtre Paul adresse aux Philippiens :

S’il y a donc de l’encouragement en Christ, s’il y a de la consolation dans l’amour, s’il y a une communion de l’Esprit, s’il y a de la tendresse et de la compassion, rendez ma joie parfaite en vivant en plein accord. Ayez un même amour, un même cœur, une unité de pensée. Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir d’une gloire sans valeur, mais avec humilité considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de regarder à ses propres intérêts, regarde aussi à ceux des autres.
(Ph. 2, 1-4)

Que l’amour fraternel, la solidarité, la communion dans l’Esprit nous accompagnent et nourrissent notre vie, nos échanges à distance et ce temps de célébration.

La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père, de Jésus-Christ son Fils bien‑aimé, dans le souffle et l’unité du Saint-Esprit. Amen.

Ce matin, nous rejoignons la foule qui conduit Jésus de Nazareth au supplice de la Croix. Parmi ceux et celles qui le suivent, il y a sa mère Marie que nous rencontrerons un peu plus loin dans ce culte.

Une prière pour nous tourner vers Dieu avec confiance :

Sur nos routes parfois tortueuses, dans nos pas hésitants,
tu as marché, Jésus.

Tu as entendu le cri de nos cœurs, tu as perçu nos désirs sincères,
tu as compris nos douleurs.

Malgré nos cœurs éparpillés, à travers nos trahisons,
tu es allé jusqu’au bout, Jésus.

Les bras ouverts sur la croix, c’étaient nos souffrances que tu portais.

Encore aujourd’hui, nous voici au pied de cette croix,
avec nos déchirements.

Nous te les présentons : qu’ils soient brûlés au feu de ton Amour.

 

Quelques lectures proposées pour ce culte :

Les lectures retenues pour ce matin nous rappelleront la figure de Marie, Myriam, la mère de Jésus. Elle est à l’image de ces mères, de ces épouses, de ces filles qui ont dû laisser partir un fils, un mari, un père. Son silence rapporté par les Écritures rejoint aussi notre propre silence que nous soyons femmes ou hommes.

Évangile selon Luc 1, 33-35

33 Joseph et la mère de Jésus étaient émerveillés de ce qu’on disait de lui. 34 Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. 35 Toi-même, une épée te transpercera l’âme. Ainsi, les pensées de beaucoup de cœurs seront révélées. »

 

Évangile selon Marc 15, 20-32

20 Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui enlevèrent l’habit pourpre, lui remirent ses vêtements et l’emmenèrent pour le crucifier.

21 Ils forcèrent un passant qui revenait des champs à porter la croix de Jésus. C’était Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus. 22 Ils conduisirent Jésus à l’endroit appelé Golgotha, ce qui signifie « lieu du crâne ». 23 Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas.

24 Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait. 25 C’était neuf heures du matin quand ils le crucifièrent. 26 L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ». 27 Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. 28 Ainsi fut accompli ce que dit l’Écriture : Il a été compté parmi les criminels.

29 Les passants l’insultaient et secouaient la tête en disant : « Hé! toi qui détruis le temple et qui le reconstruis en trois jours, 30 sauve-toi toi-même, descends de la croix ! » 31 Les chefs des prêtres, avec les spécialistes de la loi, se moquaient aussi entre eux et disaient: «Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même! 32 Que le Messie, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! » Ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient aussi.

 

Évangile selon Jean 19, 25-27

25 Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala. 26 Jésus vit sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il aimait. Il dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » 27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. »
Dès ce moment-là, le disciple la prit chez lui.

 

Méditation : Marie, notre sœur. À lire ou à écouter.

Avec nous, les onze, tous des hommes, il y a des femmes et parmi elles, Myriam, la mère du Maître. Son courage et sa dignité nous ont impressionnés. On se souvient d’elle au pied de l’infâme châtiment, il y a quelques jours. Elle n’a pas détourné ses yeux pleins de larmes, les plongeant dans ceux de son fils qui hurlait de douleur et en appelait à son père. Lui, le charpentier, n’était pas là. Mais était-ce vraiment lui qu’il suppliait quand il murmurait dans un souffle : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font… » ? J’ai toujours pensé que ces mots étaient adressés à un autre que Yosef le charpentier : c’était une prière adressée à L’Imprononçable.

Devant lui qui avait les bras écartés et sanguinolents, elle tenait ses mains jointes et sursautait à chaque coup de marteau dans la chair de sa chair. Elle criait avec lui, mais restait debout, pour montrer toute l’absurdité de la justice des chefs de tout poil. Elle voulait répondre par l’amour d’une mère à la violence et la méchanceté des hommes. Y avait-il d’ailleurs des pères parmi ceux qui infligeaient cette torture à son fils ? Elle en doutait, et moi aussi, car comment auraient-ils pu accepter si ça avait été leur enfant qui avait été là à agoniser ? Comment auraient-ils pu supporter ? Mais, je ne sais pas moi-même de quoi certains pères peuvent être capables.

Elle tenait bon, droite et digne, comme elle en avait l’habitude. Les autres partis, elle restait là, unissant sa prière de mère à celle de son fils :

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (…)

Elle n’avait jamais songé devoir la rendre si tôt, cette vie qui avait grandi dans sa matrice. Il y a des deuils et des souffrances qui forgent le caractère. Myriam était de ces femmes qui impressionnent et qui forcent le respect, parce que la vie ne les a pas épargnées.

Ce jour-là, celui du châtiment, seule, elle a suivi les porteurs jusqu’au tombeau. Ils ont déposé le corps de son fils, avec les égards qu’on doit à un mort et ont poussé la pierre de toutes leurs forces, pour en fermer l’entrée, comme on met un point final à une histoire.

Le sabbat a jeté son voile sur cette dernière image.

Nous essayons d’oublier un peu, mais Myriam ne pourra jamais oublier. Elle gardera toute sa vie devant ses yeux cette image d’une pierre inviolable entre elle et son fils. Entre elle vivante et lui mort. Une pierre qui pèse sur son cœur de mère, de femme. À sa place, j’en voudrais à la terre entière. Elle aussi. Enfin, je crois. C’est pourquoi elle pleure parfois et murmure des mots incompréhensibles, comme une secrète litanie.

Extraits adaptés de MATTAÏ. Un destin au souffle de l’Esprit.
Jean-Marc Leresche.  Éditions SUR LE HAUT, 2020.

Prière des uns pour les autres, des uns avec les autres

Unissons-nous dans la prière. Laissons un temps de silence.

Seigneur, toi le Christ, toi notre frère,
Personne ne prend ta vie, mais c’est toi, et toi seul, qui la donnes pour le monde ;
Pour que chacun ait la vie et qu’il l’ait en abondance.
Nous te prions pour celles qui portent la vie, qui donnent la vie, qui accompagnent la vie,
qui naît dans notre monde. Bénis-les toutes.

Nous te prions pour celles qui sont contraintes de rendre la vie, de la laisser s’en aller ;
Pour celles qui les accompagnent dans ces deuils. Console-les toutes.

Pause

Seigneur, toi le Christ, toi notre frère,
Tu nous rejoins dans nos souffrances.
Au-delà de nos vues humaines,
tu viens déposer ta lumière d’espoir dans les interstices de nos existences.
Nous te prions pour nous-mêmes, pour ceux et celles qui nous sont chers.

Renouvelle en nous la foi, l’espérance et l’amour.
Soutiens-nous et soutiens tous les engagements auprès des plus faibles d’entre nous.

Pause

Seigneur, toi le Christ, toi notre frère,
Au seuil de la mort, tu t’es adressé à ton Père qui est aux cieux.
Souviens-toi de nous dans ton Règne et apprends-nous toujours et encore à prier :

 

Bénédiction

Attendre. Laisser le temps passer, sans chercher à le ralentir ou l’accélérer.
Attendre dans cette espérance portée par la foi : la vie vaincra la mort.
Aujourd’hui, la promesse est là, crucifiée.
Demain, elle sera ressuscitée ; elle annoncera la vie.
Il faut l’attendre, juste l’attendre, cette bonne nouvelle.

Une attente, ce n’est pas une fin, c’est un soupir vers autre chose,
vers un nouveau chemin.
Avec Jésus-Christ, ce nouveau chemin, c’est celui de la vie au-delà de toutes nos fins,
de toutes nos limites.
C’est aussi un élan vers un monde plus juste
où chacun, chacune, aura sa place dans l’amour infini de Dieu.

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Lui le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Amen.

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