Petit cours sur les palmiers

Culte du 28 mars 2021, Fête des rameaux

Accueil

« Acclamez Dieu dans son temple, acclamez-le sous la puissante voûte du ciel ! Acclamez-le pour sa grandeur infinie. Que tout ce qui respire acclame le Seigneur !»

Psaume 150

C’est avec cette invitation sonore que s’ouvre cette fête des Rameaux qui a dû résonner autrefois comme dans ce psaume 150. Voici les acclamations de la foule, comme un air de fête, une louange expressive pleine d’allégresse qui s’est propagée jusqu’aux portes de Jérusalem, pour laisser passer celui qui venait, monté sur un âne : le Seigneur d’humilité, dans sa simplicité et sa vérité. Non pas un roi qui écrase, mais qui règne, non pas qui domine, mais qui vient pour donner librement sa vie…

Prière d’ouverture

Seigneur Jésus

Nous t’acclamons nous aussi, avec ce que nous sommes devant toi

Nous venons à ta rencontre, pour te laisser passer au milieu de nos vies

Toi notre Seigneur et notre Roi, qui est doux et humble de cœur

Tu fais jaillir la joie, là où on ne l’attendait pas

Tu suscites la nouveauté, là où l’on s’était habitué

Merci de nous entraîner avec cœur et spontanéité

pour te reconnaître encore comme le Sauveur, le Berger, notre Ami,

Lumière du monde sur nos chemins

Reçois notre louange pour t’honorer et te louer,

par nos vies toutes entières pour la gloire de ton Nom,

maintenant et pour toujours, en Dieu notre Père et par l’Esprit de vie,

qui est joie et communion, Amen

 

Hosannah! Béni soit ce sauveur débonnaire…

Lectures

Après cela, je regardai encore et je vis une foule immense de gens que personne ne pouvait compter. C’étaient des gens de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches et avec des palmes à la main. Ils criaient avec force : « Le salut vient de notre Dieu, qui siège sur le trône, et de l’Agneau ! » Tous les anges se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants. Ils se jetèrent le visage contre terre devant le trône, et ils adorèrent Dieu en disant : « Amen ! Oui, la louange, la gloire, la sagesse, la reconnaissance, l’honneur, la puissance et la force sont à notre Dieu pour toujours ! Amen »

Apocalypse 7, 9-12

Palm, Dimanche Des Rameaux, Hosana

Le lendemain, la foule nombreuse qui était venue pour la fête de la Pâque apprit que Jésus arrivait à Jérusalem. Tous prirent alors des branches de palmiers et sortirent de la ville pour aller à sa rencontre ; ils criaient : « Gloire à Dieu ! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur ! Que Dieu bénisse le roi d’Israël ! » Jésus trouva un âne et s’assit dessus, comme le déclare l’Ecriture :

« N’aie pas peur, ville de Sion ! Regarde, ton roi vient, assis sur le petit d’une ânesse ».

Tout d’abord, ses disciples ne comprirent pas ces faits ; mais lorsque Jésus eut été élevé à la gloire, ils se rappelèrent que l’Ecriture avait annoncé cela à son sujet et qu’on avait accompli pour lui ce qu’elle disait.

Tous ceux qui étaient avec Jésus quand il avait appelé Lazare hors du tombeau et l’avait ramené d’entre les morts, racontaient ce qu’ils avaient vu. C’est pourquoi la foule vint à sa rencontre : les gens avaient appris qu’il avait fait ce signe miraculeux. Les Pharisiens se dirent alors entre eux : « Vous voyez que vous n’y pouvez rien : Tout le monde s’est mis à le suivre ! »

Jean 12, 12-19

Message

On voit depuis quelques années apparaître des palmiers dans les jardins alentours. Je ne sais pas si c’est le signe du réchauffement climatique, mais il est vrai qu’ils traversent désormais sans souci nos hivers pour donner ici et là un peu d’exotisme.

 

 

Les palmiers sont parmi les plus vieux végétaux du monde : ils existaient il y a quatre-vingt millions d’années. Leur port majestueux et leur superbe feuillage leur ont décerné le titre de « prince du règne végétal ». Voilà un arbre qui se dresse sur une tige rigide portant une couronne de larges feuilles ‒ les palmes ‒ réunies en bouquet à son sommet. Ses fruits, les dattes, sont groupés en régimes: ce sont des baies, à chair sucrée.

En ce jour des Rameaux, ce sont justement des branches de palmier qui sont prises pour accueillir Jésus qui vient, monté sur son âne. Et on imagine cette foule qui agite ces longues branches vertes en signe de bienvenue, comme un champ ondoyant, comme une manière d’applaudir, de reconnaître le roi promis.

 

Mosaïque, Eglise, Orthodoxe
Voici ton roi vient…

 

Tout ce mouvement dans les airs devait exprimer une joie expressive, sonore, contagieuse… Une vraie allégresse, une louange en gestes et en paroles, car la foule lance des « Hosanna, Gloire à Dieu ! » et autres acclamations.

Si dans les autres évangiles il y a aussi des manteaux qui sont déposés, ici les branches de palmier évoquent tant de diversité.

A commencer par cet arbre, le dattier-palmier dont une espèce particulière recouvrait tout le pays de Canaan, en particulier la ville de Jéricho qui avait une immense palmeraie, avant de disparaître il y a 2000 ans… On pense que le palmier-dattier était la toute première culture arboricole de l’histoire de l’humanité. Mais la palme c’est aussi tout un symbole !

Oui, on connaît la palme d’or du festival de Cannes, comme autrefois on décernait la palme aux vainqueurs des jeux olympiques. Le palmarès définit aujourd’hui encore la liste des lauréats. Mais plus que tout, la palme est le symbole de la victoire et de la vie nouvelle.

Il est vrai que le palmier a des milliers des racines qui lui permettent d’aller chercher profondément l’eau enfouie dans le sol. C’est ainsi une source intérieure qui lui assure de tenir dans les conditions les plus extrêmes, comme au milieu du désert.

Le jour des Rameaux que l’on pourrait aussi appeler le jour des palmiers, la foule fait jaillir sa joie. Malgré les événements qui vont se succéder, je veux croire que cette joie n’était pas superficielle, mais qu’elle était vraie, authentique, belle et festive.

Au fond de notre vie, il y a une source capable de nous communiquer la joie, la joie divine, la joie cristalline. Une joie profonde qui est un fondement… C’est l’esprit d’enfance et c’est l’attitude du croyant quand il se ressource en Dieu. C’est l’identité même de notre être quand nous redécouvrons que nous avons été créés pour la joie, une joie durable. Non pas le rire tout le temps ou les sourires de façade, mais comme le disait la théologienne Lytta Basset, une « joie imprenable », une joie tranquille et paisible qui sait que cette ressource sera toujours là lorsqu’on accueille tout de la vie, l’instant présent, le jour donné, comme la foule qui avait tout laissé de côté pour faire place à ce drôle d’assemblage : un homme monté sur un âne et salué comme roi. Il y a quelque chose d’extrêmement touchant à travers cette vision.

Les Rameaux, c’est pour moi la joie la plus belle et la plus pure pour le seul moment de toute la vie de Jésus où il reçoit non une palme d’or, mais une palme verte d’espérance !

Mais il y a aussi à l’intérieur du palmier une curiosité. A la différence des autres arbres, la sève ne circule plus sous l’écorce, vers l’extérieur, mais bien au cœur du tronc, au centre. Il sait ainsi protéger sa vitalité de tout ce qui pourrait le toucher, l’agresser, le blesser. Au cœur du palmier, il y a une vie qui est bien gardée, et en cela, il symbolise la vie croyante qui sait résister, sans se laisser troubler par le milieu ambiant. Elle cherche le dialogue avec le Seigneur dans l’intimité de son cœur.

A vrai dire, bien peu des disciples seront comme des branches de palmiers au cours de la semaine sainte qui va commencer : reniement, trahison, abandon… Seules quelques femmes seront là devant une croix, avec l’apôtre Jean nous dit-on. Et pourtant, en hébreu palmier se dit Thamar : ce qui est érigé, ce qui est élevé, ce qui est droit, mais aussi ce qui est gracieux et élégant. Alors le palmier nous invite à nous tenir debout avec grâce, comme la foule des Rameaux, pour nous tourner vers le haut en accueillant celui qui vient tout bas !

Les bédouins disent que le palmier dattier vit « les pieds dans l’eau et la tête au soleil » : lorsqu’on l’aperçoit dans le désert brûlant, on sait qu’il y a là de l’eau, et donc, un espoir de vie. Il crée une fraîcheur, un « effet d’oasis ». Avec sa couronne de palmes très longues, le palmier capte un maximum de lumière. Il est tourné vers le Ciel. Pour se rappeler la sortie de l’Exode, les Hébreux portaient des branches de palmier tout en chantant : des vies tournées vers Dieu dans la lumière.

 

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Une oasis, un havre de paix et de repos

 

Lors de la Pâque on avait aussi coutume d’agiter des rameaux en signe de reconnaissance pour le passage vers une Terre Promise. Palmes d’une délivrance. Et puis enfin sur les tombes des premiers martyrs chrétiens ont avait coutume d’y graver sur la pierre des palmes en signe de victoire : palmes vertes dans le désert.

Alors oui, il y a le palmier à l’image de notre vie : se laisser éclairer, chercher le passage d’une promesse et savoir résister même dans l’adversité pour continuer à porter la vie qui nous redresse. Restons enracinés et tournés vers le Ciel pour accueillir Celui qui vient avec simplicité au milieu de nous.

 

Prions les uns pour les autres

Seigneur notre Dieu,

Ton Fils est venu, monté sur un âne, roi plein d’humilité au milieu de son peuple.

Montre-nous toujours le vrai visage du Sauveur pour que nous puissions toujours le reconnaître avec justesse et simplicité.

Hosanna aux plus hauts de cieux et joie à ceux qui s’émerveillent de ta proximité !

Ton Fils s’est avancé au milieu des exclamations de la foule qui a déposé ses manteaux pour se découvrir devant lui, en agitant aussi des palmes et des rameaux

Donne-nous de pouvoir toujours mieux exprimer notre foi par des gestes concrets, des mots clairs, des attitudes ouvertes et accueillantes, conciliantes et aimantes.

Hosanna aux plus hauts des cieux et bonheur à ceux qui marchent en vérité sur tes chemins !

Ton Fils n’a pas refusé ce jour de fête, avant que ne viennent les larmes et l’adversité

Apprends-nous à vivre l’aujourd’hui de la Vie, forts ce qui nous aura été offert, pour que ta grâce nous accompagne tout au long de nos pas.

Hosanna aux plus hauts des cieux et paix à ceux qui s’abandonnent à ta fidélité !

Nous te prions aujourd’hui pour celles et ceux qui sont restés sur les bas-côtés de la route, dans les larmes de la tristesse et de la peine. Viens les relever !

Nous te confions les personnes touchées par la perte d’un proche, éprouvées dans leur corps ou leur cœur, atteintes dans leur esprit. Viens les apaiser !

Nous te remettons ceux qui vivent d’espoir, les personnes en attente de changement, tous ceux qui sont touchés par la pandémie, Viens les visiter !

Nous te prions pour toutes les personnes qui par leur engagement, le temps donné librement ont à cœur d’éveiller sourires et amitiés pour colorer la vie. Viens les encourager !

Hosanna aux plus hauts des cieux et bénédiction à ceux qui sont semeurs de bonté !

Un jour Seigneur, tu nous rassembleras comme une grande famille humaine, palmes à la main, pour reconnaître encore ce Roi de gloire dans ton Eternité. Que nous sachions alors encore cultiver cette joie, la laisser grandir en nous pour qu’elle devienne louange et beauté, adoration et joie. Amen

« Je bénis celui qui met sa confiance en moi et cherche en moi sa sécurité. Il aura le même sort qu’un arbre planté près de l’eau, dont les racines s’étendent à proximité du ruisseau. Il n’a rien à redouter quand vient la chaleur, et son feuillage reste vert. Même en année de sécheresse il ne se fait aucun souci, il ne cesse de porter des fruits. »

Jérémie 17, 7-8

Bénédiction

Que Dieu soit votre ressource pour trouver la joie en tout temps

Qu’il vous garde à chaque nouveau jour

Pour aller dans son amour, ressourcés et renouvelés, entourés et portés,

Tournés vers sa présence, qui est lumière et espérance, amen

 

Nous vous souhaitons une joyeuse fête de Pâques à venir !

 

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