Enracinés dans l’amour

Culte à l’emporter du dimanche 19 avril | 2e dimanche de Pâques

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N’avoir plus à chercher le ciel derrière les étoiles, mais au-dedans de soi, cela crée une merveilleuse proximité avec cette présence infiniment discrète, qui nous attend au fond de nos cœurs « comme une musique silencieuse » Maurice Zundel

Vous toutes et tous, frères et sœurs en humanités, reliés comme moi à la source de vie qui maintient l’espérance en éveil, nous voici proches sans nous voir, en lien par le cœur et les pensées. Nous pouvons ainsi nous tenir ensemble devant le Dieu d’amour, celui dont les projets pour nous sont toujours d’avenir et d’espérance (Jérémie 29.11). Plus que jamais, dans cette situation étrange, Dieu est proche de nous, il se dit au creux de nos jardins intérieurs, comme une musique silencieuse. Dans sa proximité, il nous rappelle sa tendresse et sa fidélité, au cœur des beaux jours comme des plus difficiles. En entrant dans ce temps de méditation, je vous propose de prendre quelques instants pour vous remémorer les visages de vos aimés, des proches, des membres de la communauté. Souvenez-vous de leur sourire, du son de leur voix, de l’éclat de leur regard. Sur leur visage comme sur le nôtre se reflète une part de l’éclat du visage de Jésus-Christ.

La paix de Dieu, sa bonté et son pardon nous sont donnés chaque jour à nouveau.

Psaume d’aujourd’hui

Sur les chemins de ce qu’on appelle la vie se croisent et s’épousent à longueur de temps mort et vie, deuil et naissance, trou noir et renaissance, pleurs, rires, angoisse et paix, vertige et assurance, fragilité et force, indifférence et tendresse, solitude et plénitude, tous les à quoi bon ? Les pourquoi ? Et les pourquoi pas ?

Ainsi va la vie aux cent couleurs de nuit et de soleil. Dieu, pèlerin embusqué dans notre aventure humaine, tu es de tous nos voyages.

Tu es sur nos grand-routes et nos chemins de traverse, sur nos terres ensoleillées et dans nos bas-fonds obscurs, présent à toutes nos aurores et tous nos crépuscules. Reste avec nous quand il fait jour et quand il fait nuit.

Une prière pour nous tourner vers Dieu avec confiance :

Seigneur notre Dieu,

Nous nous sentons si petits, tellement démunis dans cette situation de séparation, de solitude peut-être, de difficultés accrues. Nous redécouvrons le nombre de questions qui tournent en nous, et le peu de réponses dont nous disposons.

Le temps a ralenti, les relations sont éloignées. Nous percevons bien plus que d’habitude notre manque intérieur. Nous comprenons peut-être différemment notre besoin habituel d’agir, de rencontrer, de faire, d’organiser, comme une course pour combler ce creux en nous qui revient toujours.

Aujourd’hui, nous te donnons ce manque. Que ton Amour vienne l’habiter, que ton Souffle le traverse, que ta tendresse l’éclaire. Donne-nous de te faire confiance, mais aussi de nous faire confiance à nous-mêmes. Inspire-nous d’autres manières, tangibles ou non, de nous relier aux autres, dans l’accueil et dans le don. Donne-nous de nous souvenir que ta musique résonne en nous, et qu’elle se transmet mystérieusement dans les liens entre nous, ces intervalles plus ou moins larges selon les situations.

Aucune distance n’empêche le passage de ton Souffle, Seigneur, aucune distance n’empêche la circulation de l’Amour. Merci pour la liberté totale de ton Esprit, pour les chemins aériens et invisibles qui nous relient les uns aux autres et à toi comme un immense tissage divers et coloré, dont tu te fais toi-même le canevas. Amen.

 

Du cœur et de la voix

Du cœur et de la voix (Psaumes et Cantiques 370, Alléluia 42-02, p. 622)

Deux lectures proposées pour ce culte

C’est pourquoi je me mets à genoux devant Dieu, le Père, dont dépend toute famille dans les cieux et sur la terre. Je lui demande que, selon la richesse de sa gloire, il fortifie votre être intérieur par la puissance de son Esprit, et que le Christ habite dans vos cœurs par la foi. Je demande que vous soyez enracinés et solidement établis dans l’amour, pour être capables de comprendre, avec l’ensemble du peuple de Dieu, combien l’amour du Christ est large et long, haut et profond. Oui, puissiez-vous connaître son amour — bien qu’il surpasse toute connaissance — et être ainsi remplis de toute la richesse de l’Esprit

Ephésiens 3, 14-19

 

Les onze disciples se rendirent sur la colline que Jésus leur avait indiquée. Quand ils le virent, ils l’adorèrent ; certains d’entre eux, pourtant, eurent des doutes. Jésus s’approcha et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le, je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Evangile de Matthieu, ch. 28, 16-20

 

Prédication : Enracinés et solidement établis dans l’amour.

Les recettes miracle n’existent pas. La foi n’est pas un remède miracle. La pandémie n’épargne pas ceux qui croient. C’est impossible de la dévier ou de se préserver du virus parce qu’on est chrétien. C’est dit !

Tout plein de gens ont vécu et vivent encore leurs vendredis saints, non seulement à cause du coronavirus, mais aussi à cause de leurs conditions de vie, de leurs souffrances, de leur misère quotidienne. Nous sommes tous égaux devant notre condition de mortels. La maladie, la souffrance et la mort ne trouvent pas de réponses toutes prêtes, ni dans la Bible, ni dans la foi. Aucun comportement, aussi éloigné soit-il de nos valeurs personnelles, ne permet de dire « il ne peut s’en prendre qu’à lui-même s’il est malade ! elle est responsable de ce qui lui arrive ! vu leur manière de vivre, ce n’est pas étonnant qu’ils l’aient attrapé ! ». Rien ne justifie la souffrance, ni la maladie, ni la mort. C’est dit !

Mais dans l’élan de Pâques, nous pouvons lever les yeux et dire merci. Pour la vie offerte par Dieu, qui dépasse nos limites humaines, pour l’amour vainqueur, pour le printemps qui a jailli du tombeau à l’aube, une fois pour toutes, au fond de ce jardin de Jérusalem. Merci parce que depuis là, la vie court toujours, elle se faufile dans les brèches, elle rit, elle vibre, elle invente des stratagèmes joyeux pour ressurgir, recommencer, continuer. Merci parce que l’amour est en route, ici et partout, et qu’il se bat pour la vie. Pensez à l’infirmier, à la factrice, aux vendeurs. Pensez aux médecins, aux agriculteurs. Pensez aux éboueurs, aux employés, aux ouvriers. Pensez aux catéchètes, aux narratrices, aux bénévoles, aux diacres, aux pasteurs. Pensez à tous ces dévouements quotidiens. Ces gens font circuler la vie, l’amour du travail bien fait, le soin aux autres, pour que cette période à part ne soit pas porteuse de mort, mais de vie, à fond, envers et contre tout.

Cette crise nous a jetés pour un temps hors de nos églises, de nos activités paroissiales, de nos habitudes. Et si c’était l’occasion de nous souvenir que l’Esprit Saint, Souffle de Dieu, est totalement libre, qu’il est offert à tous ? Qu’il n’habite pas entre quatre murs, même s’il y a un clocher au-dessus ? A Pâques, la vie a jailli de la tombe, avec l’espérance, le désir de vivre. En Jésus-Christ, la vie est venue à notre rencontre, et elle nous emmène, de pas en pas, de résurrection en résurrection ; elle nous offre de nous enraciner toujours plus solidement dans l’amour de Dieu. Nous sommes aimés. Grâce à cet enracinement-là, nous pouvons devenir des messagers d’amour, des passeurs d’espoir. La maison de Dieu, c’est l’univers ; les chemins empruntés par le Ressuscité sont ceux du monde entier. Quand il envoie ses disciples vers les nations, ce n’est pas d’abord pour les commander ou leur donner des leçons pour vivre juste ! Quand il leur demande de baptiser les gens de toutes les nations, ce n’est pas pour rapatrier le plus de monde possible dans son bercail à lui, quelque part entre des murs de doctrine et de bienséance ! C’est plutôt pour les rappeler aux racines et au Souffle offerts par Dieu. Des racines dans son Amour, pour garder et retrouver confiance même dans les temps difficiles ; du Souffle pour rester animés, pour donner l’amour même sans paroles et sans poignées de main ; pour balayer les frustrations et les peurs qui viennent se nicher parfois, aux heures de la nuit, dans nos jardins secrets, nos cœurs, nos têtes. Dans le Souffle de Pâques, Dieu nous invite à tout mettre en œuvre pour nous enraciner dans son Amour, pour y consolider notre vie afin qu’elle soit non pas « juste » comme l’inverse de « fausse », mais plutôt ajustée : à la bonne taille, celle du vêtement qui nous va bien ; ajustée à la mesure de la confiance que Dieu nous fait pour être des vivants, des passeurs d’amour dans le monde. Même à distance, même par un simple sourire, par un mot. Amen.

Prière des uns pour les autres, des uns avec les autres

Seigneur,

Merci pour celles et ceux qui aident, soutiennent, consolent, soignent, écoutent, accompagnent, font passer les messages d’amour et d’amitié. Qu’ils trouvent un enracinement dans leurs liens, dans nos remerciements, dans notre solidarité. Ton Amour passe par eux comme par nous. Inspire-nous les attitudes et les mots qui font vivre.

Notre Dieu,

Nous te confions celles et ceux que la maladie et la mort frôlent à travers leurs

proches. Nous pensons aussi aux personnes endeuillées, aux solitaires, à tous ceux qui doivent dire un « à-Dieu » de loin.

En ce temps de sécheresse où nous avons soif de rencontres, ô Dieu, offre-nous de rêver que tu viens nous combler d’un cœur qui écoute !

Offre-nous une attention à l’autre qui soit porteuse de vie et de fête, et viens inscrire au profond de nous la responsabilité royale d’être tes témoins !

Enrichis-nous de ta sagesse et fais de nous des hommes et des femmes animés d’intelligence et de discernement au milieu de notre génération.

Reliés à la même source, enfants d’un même Père, nous rassemblons toutes nos prières dans celle que ton Fils Jésus-Christ, nous a lui-même enseignée : Notre Père…

On peut ici chanter un cantique :

Dieu trois fois saint

Du cœur et de la voix (Psaumes et Cantiques 370, Alléluia 42-02, p. 622)

 

Envoi et bénédiction

Au cœur de nos partages, au sein de nos conflits, au cours de nos espoirs déchus, au zénith de nos folies, Dieu est avec nous. En-dedans de nos folies, en-dehors de nos craintes, au-delà de notre entendement, en deçà de nos plaintes, Dieu est avec nous. Livrés à nous-mêmes, liés à nos racines, lâchés dans les vagues d’un cap peu commun, Dieu est avec nous. Avec nos rêves déchus, nos espoirs si ténus, notre grandeur de vivre, nos petits pas si fragiles, Dieu est avec nous. A l’heure de vivre, à l’heure de rire, à l’heure de pleurer, à l’heure de mourir, Dieu est avec nous. A l’heure de suivre ses pas qui mènent toujours vers la Vie en Jésus-Christ, Dieu reste avec nous.

Dieu est de tous nos voyages. Il reste avec nous quand il fait jour et quand il fait nuit. Que sa paix et sa tendresse éclosent dans chacune de nos journées, dans les jours de ceux que nous aimons, et aussi de ceux que nous aimons moins. Soyez en paix. Amen

La version imprimable est téléchargeable ici.

Vous trouverez les autres cultes à l’emporter ici.

3 réflexions sur « Enracinés dans l’amour »

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