Un pas lourd… Un pas léger

Culte à l’emporter du 4e dimanche de Pâques, le 3 mai.

Accueil

« Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix, le bonheur et le salut » Esaïe 52, 7

Mettons-nous en route en écoutant ce chant.

Chers amis, chers proches de notre paroisse,

En ce temps de Pâques des petits signes d’ouverture se font entendre, des perspectives de retour vers une certaine normalité semblent s’annoncer… Le chemin est certes long, mais ce qui paraissait encore comme une impasse il y a quelques semaines nous oriente vers des retrouvailles à venir, même s’il faudra encore bien de la patience jusque-là ! Pour l’heure j’aimerais vous inviter à un itinéraire à pied pour prendre le temps d’écouter, pour faire halte sans se presser, pour se laisser l’Esprit nous remplir de paix et le Christ discrètement nous accompagner. Qu’il soit notre proximité dans les liens qui nous unissent les uns aux autres !

Prière

Seigneur,

Nous voici pour que tu viennes faire le jour dans nos vies
Ouvre-nous tout entier à ce qui est bon,
À une parole pour notre route et tout ce que nous pourrons emporter,
pour éclairer nos lendemains de la clarté de Pâques.

Viens renouveler notre foi pour nous donner de marcher avec un peu plus de confiance
Pas après pas, entraine-nous sur des chemins d’espérance et de liberté.

Oui, lorsque la vie perd ses couleurs et que tout devient triste et terne,
Fais lever la lumière de ta joie !

Lorsque nous ne voyons plus que nos obscurités,
Fais lever sur nous la lumière de ton pardon.

Que ton amour rende à chaque jour et à chacun/e sa beauté,
Pour être tes enfants bien-aimés
Par le Christ, le Vivant, le Ressuscité !

Écoutons le Magnificat de Taizé :

Dans l’Evangile de Luc, chapitre 24, versets 13-35, il y a cette traversée bouleversante et magnifique pour deux hommes dont l’un s’appelle Cleopas et dont l’autre pourrait prendre chacun de nos prénoms. Au bout du chemin, il y a un visage lumineux, un geste, un pain. Comme pour notre confinement, il y a là une promesse ! Comme une aube. Comme un retournement. Alors mettons-nous en route !

Message

Cliquez sur le lecteur pour écouter le message du pasteur John Ebbutt.

 

En ces jours « à la maison » beaucoup restent tranquillement chez eux, tout en se permettant peut-être des sorties en plein air pour aller contempler la nature, bouger, se faire du bien tout simplement. Mais si nos pas à la rencontre des uns et des autres sont limités en ce confinement, il y a dans l’Évangile à la fois une marche au dehors et à la fois un compagnonnage pour aller au-dedans. Je vous invite ainsi à vivre ces quelques étapes comme un chemin intérieur avec des citations pour mieux l’emprunter.

Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ onze kilomètres de Jérusalem. Ils parlaient de tout ce qui c’était passé.

Quelle pouvait être l’allure de ces deux disciples qui discutent en marchant, le cœur lourd ? Leur marche, je la vois plutôt comme une fuite, vite, loin de la ville, loin des événements auxquels ils tournent le dos. Mais une marche pressée, forcée même, comme pour mieux s’éloigner. Une marche qui est à l’image de leur agitation intérieure face au malheur de leur maître si vite disparu.

Il arrive que l’on marche sans réfléchir simplement parce que l’on voudrait laisser derrière soi ce qui est pénible. Est-ce que l’on sait toujours où l’on va ? Je les imagine, nos deux amis, s’en aller comme s’ils ne voulaient plus jamais revenir d’où ils étaient partis.

Et puis voilà qu’ils sont rejoints en chemin. Par un inconnu. A-t-il, lui aussi, dû presser le pas pour les rejoindre, ou est-ce eux qui tout à coup ralentissent pour mieux l’accueillir ?

Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. Ils le voyaient, mais quelque chose les empêchait de le reconnaître.

Il commence par les écouter. Et pour eux de pouvoir expliquer et se raconter c’est laisser le trop-plein d’émotions s’exprimer. C’est déjà déposer ce qui est lourd en faisant halte.

Quel bien d’avoir quelqu’un à qui se confier !

Jésus leur demanda : – De quoi discutez-vous en marchant ?

Et ils s’arrêtèrent, tout attristés.

 L’un d’eux, appelé Clépoas, lui dit : – Es-tu le seul habitant de Jérusalem qui ne connaisse pas les événements qui s’y sont passés ces derniers jours ?
– Quels événements ? leur demanda-t-il.

Ils lui répondirent : – Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth ! C’était un prophète puissant ; il l’a montré par ses œuvres et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs de nos prêtres et nos dirigeants l’ont livré pour le faire condamner à mort et l’ont cloué sur une croix. Nous avions l’espoir qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais en plus de tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces événements se sont passés. Quelques femmes de notre groupe nous ont étonnés, il est vrai. Elles se sont rendues tôt ce matin au tombeau mais n’ont pas trouvé son corps. Elles sont revenues nous raconter que des anges leur sont apparus et leur ont déclaré qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau et ont trouvé tout comme les femmes l’avait dit.

Et voilà qu’ils reprennent la marche. Les pas ralentissent peut-être un peu…

Alors Jésus leur dit : – Homme sans intelligence, que vous êtes lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffre ainsi avant d’entrer dans sa gloire ?

Puis il leur expliqua ce qui était dit à son sujet dans l’ensemble des Écritures en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des prophètes.

Plus la marche se prolonge plus elle devient une avancée, une démarche, un itinéraire, une direction. Dans le dédale des pensées, voici que l’inconnu trace un fil rouge pour ne pas tourner en rond. Il refait le chemin des Écritures pour indiquer un horizon. Il faut parfois beaucoup de pas et une longue démarche pour retrouver du Sens. Il faut toujours un Autre pour se retrouver. Et peut-être alors que le pas se fait plus léger, qu’ils sont peu à peu déchargés, soulagés de comprendre, d’apprendre… de trouver un chemin dégagé, moins encombré…

Oui, il y a des marches qui se font sans efforts, où l’on a une belle énergie, un allant comme on dit, sans être essoufflé, mais comme si on était porté : de la solitude à la peine partagée, de la tristesse à la parole écoutée… Que de chemins ! On ne marche alors plus de la même manière !

Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s’il voulait aller plus loin. Mais ils le retinrent en disant : – Reste avec nous ; le jour baisse déjà et la nuit approche.

Reste avec nous : nous avons besoin d’une présence quand vient la nuit. De parler encore. Nous avons besoin de nous asseoir avant de nous relever. De nous tenir encore ensemble.

Il entra donc pour rester avec eux.

Il se mit à table avec eux, prit le pain et remercia Dieu ; puis il rompit le pain et le leur donna. Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. Ils se dirent l’un à l’autre : N’y avait-t-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?

Mais dans ce jour qui tombe il y a tout à coup de la lumière ! Et malgré l’obscurité qui vient, leurs yeux s’ouvrent ! Il était là et on ne le savait pas. Il était avec nous, mais c’est après qu’on le réalise. C’est souvent comme ça ! On a besoin de temps. C’est en se retournant qu’on remarque les traces. Ce qui est beau, c’est que leur marche n’est alors plus la même ! On nous dit qu’ils sautèrent sur leurs pieds et filèrent à Jérusalem pour annoncer la bonne nouvelle d’une rencontre en chemin.

Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze disciples réunis avec leurs compagnons qui disaient :

– Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Simon l’a vu !

Et eux-mêmes leurs racontèrent ce qui s’était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il rompait le pain.

On peut bien les imaginer, prenant les jambes à leur cou, s’élançant avec un souffle neuf, en regardant désormais de face leur avenir pour aller à la rencontre des autres et partager ce qui les laisse plus tenir en place ! Je ne sais si leurs pieds touchaient encore terre, mais lorsque l’on marche avec joie il y a une légèreté, lorsque l’on est impatient, il y a un élan décuplé…

Ils ne sont à nouveau plus que deux, et pourtant c’est comme si désormais ils seront pour toujours accompagnés. Non plus abattus, trainant les pieds, non plus pressés et stressés, mais bien avec un courage retrouvé, un avenir à espérer, des relations à soigner, des sourires à transmettre, une parole à témoigner, une foi à habiter. Partout où ils iront, sur tous leurs chemins, dans toutes leurs marches, il y aura désormais une Présence vivante, un feu brûlant.

Que dans chacun de nos pas il y ait avec nous Celui qui marche à nos côtés.

Pour toujours repartir du bon côté ! D’un pas plus léger !

Où le chemin nous conduit-il ?

Intercession

Seigneur, Tu es celui qui nous ouvre un avenir, en marchant au rythme de nos pas, même quand le monde entier a ralenti sa course folle.

Tu nous rejoins pour nous rendre courage et force et afin que nous puissions sans cesse repartir, accompagnés d’une présence qui vient nous rassurer.

Nous te remettons ceux qui sont découragés par la dureté du chemin en ces jours où les pas se font plus rares. Ceux qui sont confinés dans une chambre de home ou d’hôpital, ceux qui ne peuvent se déplacer librement.

Qu’il y ait des haltes pour déposer et trouver un peu de paix et de lumière dans le creux de leurs journées. Que chacun puisse te confier ce qui lui est difficile de porter tout seul sans savoir où aller.

Donne un élan neuf à ceux qui vont reprendre le chemin de l’école, des études, de leur lieu de travail, de leurs occupations. Qu’il y ait de la gaieté à sortir à nouveau pour se rencontrer !

Nous te prions pour tous les enfants qui font leurs premiers pas dans la vie et celles et ceux qui arrivent tranquillement au bout de leur chemin.  Que chacun trouve autour de soi des mains secourables et un équilibre pour ne pas tomber, mais se laisser porter.

Nous te confions les familles, les liens entre générations et tout ce qui nous relie, pour que nous ayons cette attention de marcher au rythme de chacun en ces temps de futures retrouvailles.

Enfin, nous te prions pour chacun de nous, pour que tu nous aides à tenir debout, pour mieux te reconnaître à nos côtés, dans la promesse de Pâques, jusqu’au jour où nous pourrons à nouveau partager le pain et le vin tous ensemble, en communion, Amen

Écoutons Dans nos obscurités de Taizé :

« Même un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas », Lao Tseu

« Ne juge aucun homme avant d’avoir marché avec ses mocassins durant deux lunes », Proverbe indien

« Je suis le chemin, la vérité, la vie » dit le Christ, Jean 14, 6

Que Dieu soit de tous vos chemins et en chaque lendemain. Qu’il soutienne chacun de vos pas par l’écoute et le silence, par la force d’une présence, par le calme et repos, par la lumière qui jaillit dans la nuit, pour que son amour brûle en vous comme un feu qui ne s’éteint jamais ! Amen

En vous souhaitant une belle semaine, nous vous laissons avec Benjamin Righetti, interprétant le Choral en trio « O heiliger Geist, o heiliger Gott » de Gaël Liardon.

La version imprimable est disponible.

2 réflexions sur « Un pas lourd… Un pas léger »

  1. merci pour ce moment de recueillement et de partage. Bonne route pour tous nos lendemains…qu’elle soit toujours d’espérance, de paix et d’amour.

  2. Merci John, merci à tous pour ce message édifiant et encourageant, cela fait tellement du bien!
    Bonne continuation et courage à tous!
    Marie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *